Systèmes de conduite automatisée en conditions réelles : guide 2026
En juillet 2026, la conduite automatisée ne constitue pas une seule course : le niveau 2 assiste un conducteur attentif, le niveau 3 de série permet de détourner le regard dans des conditions restreintes et les flottes de niveau 4 transportent des passagers sans conducteur dans des zones définies. Ce guide présente des systèmes représentatifs étayés par des données publiques, dont la disponibilité varie selon le pays, le véhicule, le matériel et le logiciel.
Niveau 2 supervisé dans les voitures particulières
Le niveau 2 est la catégorie grand public la plus répandue. Le système dirige et règle la vitesse simultanément, mais l’humain doit surveiller la route en permanence.
Elle comprend désormais deux formes. Les systèmes autoroutiers ciblent les routes prévisibles à accès contrôlé et peuvent autoriser les mains libres. Les systèmes point à point tentent de suivre un itinéraire sur autoroutes et rues urbaines, virages et intersections régulées compris. Cette seconde forme est plus étendue, mais ne dépasse pas le niveau SAE 2 tant que le conducteur assure en continu supervision et repli.
Tesla Full Self-Driving (Supervised)
Tesla présente FSD (Supervised) comme une suite avancée d’assistance qui tente de rejoindre une destination par rues résidentielles, voies urbaines et autoroutes. Elle suit les embranchements, change de voie, tourne, parcourt les ronds-points et négocie les intersections.
Le manuel Tesla indique qu’elle ralentit et s’arrête aux feux et panneaux stop si nécessaire. Il avertit aussi qu’elle peut ne pas s’arrêter ou repartir correctement et que le conducteur doit décider s’il est sûr et légal d’avancer.
FSD (Supervised) est donc un exemple majeur de niveau 2 point à point, pas une voiture autonome. Tesla exige explicitement une supervision active et précise que la fonction ne rend pas le véhicule autonome. Ses capacités varient selon la région, la configuration, le matériel, l’année-modèle et le logiciel.
Systèmes chinois de navigation urbaine
En Chine, plusieurs entreprises proposent l’assistance urbaine point à point.
Selon XPENG, City Navigation Guided Pilot assiste aux carrefours à feux, lors des dépassements, des adaptations de vitesse et dans les ronds-points sur les routes urbaines prises en charge. Le Point-to-Point Navigate on Pilot Plus 2026 de NIO combine choix de voie et interaction avec le trafic, avec des logiciels associés reliant parkings et navigation urbaine. Selon Huawei, ADS 3.0 Navigation Cruise Assist permet, d’une seule commande, de parcourir routes publiques et internes jusqu’au parking de destination. Li Auto a annoncé une fonction point à point en un clic pour les utilisateurs de Li AD Max.
Ces produits ne sont pas interchangeables : réseau routier, véhicules, capteurs, logiciels, règles de surveillance et marchés diffèrent. Les termes « Autonomous », « ADS », « pilot » ou « end-to-end » ne fixent pas le niveau SAE ; le rôle humain documenté le fait.
Ils comptent car l’exécution d’itinéraires urbains n’est plus réservée à Tesla. Les développeurs chinois ont fait du NOA urbain un enjeu grand public majeur, tandis que de nombreuses offres européennes et nord-américaines restent surtout autoroutières.
GM Super Cruise
Super Cruise offre un niveau 2 mains libres sur des routes nord-américaines compatibles et cartographiées. Il associe régulateur adaptatif, contrôle de voie, cartes précises et surveillance du conducteur par caméra.
GM a annoncé en avril 2026 un milliard de miles mains libres cumulés par près de 750,000 automobiles activées. Cela atteste l’usage, pas à lui seul une supériorité en sécurité routière. Le conducteur doit toujours regarder la route.
Ford BlueCruise
BlueCruise est un système autoroutier de niveau 2 mains libres, regard sur la route. Une caméra surveille regard et tête ; le conducteur doit pouvoir reprendre la main.
Ford précise qu’il fonctionne dans les Blue Zones désignées des marchés pris en charge. Couverture et véhicules disponibles diffèrent entre Amérique du Nord et Europe ; il faut vérifier le produit local exact.
BMW Motorway Assistant
Le Motorway Assistant de niveau 2 autorise de longues périodes mains libres sur certaines autoroutes séparées, le conducteur restant attentif. Sur certains modèles, son regard confirme un changement de voie proposé.
BMW montre pourquoi une voiture n’a pas un niveau permanent : en Allemagne, la Série 7 peut associer cette fonction de niveau 2 à une fonction distincte de niveau 3.
Homologation de FSD en Europe : ce qui a réellement été approuvé
L’Europe exige généralement une homologation avant la mise en service, contrairement à l’autocertification américaine suivie d’un contrôle en usage. L’homologation couvre la fonction européenne, le véhicule et les conditions évalués, pas automatiquement une version américaine configurée différemment.
Le 10 avril 2026, l’autorité néerlandaise RDW a accordé à Tesla FSD (Supervised) une homologation européenne provisoirement valable aux Pays-Bas. RDW le classe comme assistance contrôlée par le conducteur : celui-ci reste responsable, surveille la circulation et doit pouvoir reprendre immédiatement. RDW juge aussi les versions européenne et américaine non directement comparables.
Ce n’était pas une homologation générale dans l’UE. Selon RDW, une validité plus large exige saisine de la Commission européenne, vote des États membres et majorité au comité compétent. Chaque pays peut envisager séparément une reconnaissance provisoire pendant cette procédure.
Le cas illustre trois distinctions :
- homologuer une fonction de niveau 2 ne la rend pas autonome ;
- une homologation territoriale ne prouve pas l’autorisation partout en Europe ; et
- une version européenne homologuée ne valide pas toutes les fonctions portant le même nom ailleurs.
Le statut réglementaire peut évoluer plus vite que le matériel. Les acheteurs doivent vérifier l’autorisation nationale et la version logicielle exactes plutôt qu’une annonce générale selon laquelle « FSD est approuvé en Europe ».
Niveau 3 de série : regard détourné dans un domaine étroit
Activé, le niveau 3 exécute toute la conduite, mais attend qu’un utilisateur prêt au repli réponde à la demande. Homologation locale et domaine exact font partie du produit.
Mercedes-Benz DRIVE PILOT
Mercedes-Benz a reçu en Allemagne l’autorisation d’utiliser DRIVE PILOT jusqu’à 95 km/h sous conditions sur le réseau autoroutier allemand. La fonction équipe les Classe S et EQS électrique.
Elle est conditionnelle, non universelle : route, circulation, environnement et véhicule déterminent sa disponibilité. L’utilisateur peut se consacrer à des activités autorisées, mais doit répondre à une demande de reprise.
BMW Personal Pilot L3
BMW propose Personal Pilot L3 en Allemagne sur la Série 7, variantes i7 comprises. Il fonctionne au niveau 3 jusqu’à 60 km/h sur des tronçons autoroutiers homologués, y compris dans l’obscurité.
BMW l’associe au Motorway Assistant de niveau 2. Celui-ci couvre des vitesses autoroutières supérieures, mais exige le regard sur la route ; Personal Pilot a un domaine plus étroit, mais change qui surveille la route.
Ces systèmes montrent que vitesse maximale ou distance cartographiée ne suffisent pas à classer les capacités. Le niveau 3 est défini par le rôle et le repli, puis limité par son domaine.
[evimg:2dfed]
Services de niveau 4 : sans conducteur dans une zone de service
Le niveau 4 supprime le besoin d’un conducteur dans son domaine. Le produit commercial est un système d’exploitation comprenant véhicules, cartes, entretien, recharge, assistance distante et gestion des incidents.
Waymo
Waymo propose au public des trajets sans conducteur de sécurité dans plusieurs métropoles américaines. Ses informations actuelles citent des services directs ou partenaires notamment à Phoenix, dans la baie de San Francisco, Los Angeles, Austin, Atlanta, Miami, Orlando, Dallas, Houston, Nashville et San Antonio.
Le service est de niveau 4 dans ses zones agréées, pas de niveau 5. Sa carte s’étend, mais reste limitée par la géographie, les routes, l’environnement et l’exploitation de la flotte.
Le tableau Safety Impact compare distances sans conducteur et taux d’accidents. Jusqu’en mars 2026, il comptabilisait 220,6 millions de miles sans conducteur dans les zones alors analysées. Waymo annonçait des taux inférieurs à son référentiel humain ajusté pour plusieurs résultats concernant blessures et déclenchement d’airbags. Il faut mentionner méthodologie, composition géographique et origine interne lors de toute citation.
Baidu Apollo Go
Baidu exploite Apollo Go en Chine et étend essais et activités à l’international. Dans ses résultats du premier trimestre 2026, l’entreprise annonçait 3,2 millions de courses entièrement sans conducteur sur le trimestre, plus de 22 millions de courses publiques cumulées en avril et 27 villes en mai.
Ce sont des indicateurs publiés par l’entreprise. Baidu annonçait aussi plus de 220 millions de kilomètres entièrement sans conducteur. Les comparaisons exigent prudence, car définitions de course, kilomètre, zone, seuil de rapport et résultat de sécurité peuvent différer.
La conclusion n’est pas qu’un opérateur a « gagné », mais que le niveau 4 limité est commercialement réel sur plusieurs marchés, tout en restant un service de flotte exploité plutôt qu’une voiture privée roulant partout.
Pourquoi les noms de produits trompent
« Autopilot », « Full Self-Driving », « Pilot », « Assistant », « NOA » et « Super Cruise » ne déterminent pas le niveau SAE. Ni la conduite mains libres, ni un trajet point à point.
Comparez dans cet ordre :
- Rôle humain : conducteur regard sur la route, utilisateur prêt au repli ou passager ?
- ODD : quelles géographie, routes, vitesses, météo et lumière ?
- Repli : qui gère une limite ou une panne ?
- Autorisation : homologation, permis d’exploitation, essai supervisé ou service commercial ?
- Preuves : usage, essais, accidents et méthode de déclaration ?
- Conditions commerciales : modèle, matériel, logiciel, pays et abonnement exacts ?
Une fonction annoncée n’est pas déployée. Un essai supervisé sur route n’est pas un service sans conducteur. Un trajet sans conducteur réservé aux salariés n’est pas forcément ouvert au public.
Ce qu’un système de premier plan doit communiquer
Une description crédible précise niveau et rôle, domaine, exclusions, repli, surveillance du conducteur le cas échéant, périmètre véhicule-logiciel, statut réglementaire et preuves en service.
Le niveau 2 grand public doit être jugé surtout sur ses garde-fous de supervision et son comportement prévisible aux contrôles complexes, pas uniquement sur l’achèvement d’un itinéraire. Le niveau 3, sur la détection du domaine et les transitions. Le niveau 4, sur tout le dossier de sécurité et l’exploitation, notamment le signalement des incidents et l’extension à un nouveau domaine.
Cet article est daté car les déploiements évoluent. EVKX actualisera les exemples lorsque homologations, zones ou preuves publiques changeront sensiblement.
Sources
- Tesla — Full Self-Driving (Supervised)
- Tesla Owner's Manual — Full Self-Driving (Supervised)
- XPENG — City Navigation Guided Pilot
- NIO — Point-to-Point Navigate on Pilot Plus
- Huawei — ADS 3.0 Navigation Cruise Assist
- Li Auto — Point-to-point feature introduced with OTA 6.5
- RDW — Provisional Netherlands approval of Tesla FSD (Supervised)
- General Motors — One billion Super Cruise miles
- Ford — BlueCruise features and driver responsibilities
- BMW Group — Level 2 and Level 3 automated driving
- Mercedes-Benz — DRIVE PILOT approval up to 95 km/h in Germany
- Waymo — Current service and vehicle information
- Waymo — Safety Impact data and methodology
- Baidu — First-quarter 2026 Apollo Go operating metrics
- IIHS — Partial automation safeguard ratings